Julien GERARD, photographe

27déc. 2011

Le Bénin, rouge latérite et blanc harmattan

Ganvié


Visiter Ganvié, c'est se mettre au diapason d'un village lacustre. Dormir sur pilotis, avancer en pirogue. Evoluer avec le bruit de fond du groupe électrogène mêlé à celui de la pompe à eau potable. Chercher ses ananas au hasard d'une autre pirogue croisée sur le chemin du marché flottant. Saluer les enfants en route pour l'école sur un radeau de fortune. Accepter de se lever à 4h pour vivre un des moments forts de Ganvié : le marché aux pêcheurs.
Ce moment magique se déroule dans une forte obscurité, trompée par quelques lampes à pétrole. Les femmes vendent plats préparés dont elles crient le nom pour guider les pêcheurs en partance. Le tout forme un tableau artistique irréel et poétique, presque secret, que j'immortalise dans un demi-sommeil. Chaque jour le même ballet de pirogues et les mêmes chants aux paroles de plats se reproduit avec talent.

Ganvié, village lacustre, Bénin - Julien GERARD, photographe

Marché des pêcheurs, Ganvié, village lacustre, Bénin - Julien GERARD, photographe


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La toilette du nouveau-né : un rituel préservé


De la naissance à 6 mois, l'enfant est lavé 2 fois par jour selon un rite transmis de mère en fille. D'abord frictionné à l'eau bouillante, il est ensuite massé, étiré et même lancé... Si le nourrisson de 2 semaines pleure à chaudes larmes, le bébé de 5 mois dort à poings fermés pendant tout le rituel. Dans un silence religieux et dans l'obscurité, nous observons cette nouvelle vie prendre conscience de son corps. Quand les mots ne viennent plus, l'image crie la beauté de l'instant.

La toilette des nouveaux-né, Possotomé, Bénin - Julien GERARD, photographe

La toilette des nouveaux-né, Possotomé, Bénin - Julien GERARD, photographe

Le marché de Dantopka


Impensable de saisir l'essence béninoise sans se rendre au plus grand marché de l'Afrique de l'Ouest. C'est un concentré de vie qui se déroule ici et qui nous parle du pays. Selon les allées, on tue les poulets, on découpe la viande, on choisit ses légumes comme on sélectionne quelques mètres plus loin les ingrédients vaudou de ses gris-gris. Que l'on cherche des bananes, du tissu ou du charbon, Dantopka a la réponse à tout. C'est ici aussi que les femmes nettoient à longueur de journée les bouteilles en verre usagées pour les recycler.

Marché de Dantopka, Cotonou, Bénin - Julien GERARD, photographe

Marché de Dantopka, Cotonou, Bénin - Julien GERARD, photographe

Etalage Vaudou au marché de Dantopka, Cotonou, Bénin - Julien GERARD, photographe

Aguégué


A quelques kilomètres de Porto Novo, une ballade en pirogue aux abords du fleuve Ouémé permet d'aller à la rencontre des habitant d'Aguégué. Très bonne adresse pour les ananas à 10 cents, c'est aussi le moyen de décompresser du tumulte de la ville voisine. Au fil de l'eau, les enfants prennent plaisir à nous saluer tout en faisant leur toilette. On croise quelques pirogues aux noms évocateurs "Dieu est grand" et transportant tout un éventail de produits : chapeaux, fruits, essence ou chaises en plastique.

Aguégué, Bénin - Julien GERARD, photographe

Le marché de Lobogo


Sur la latérite rouge se confondant avec les murs des maisons, le marché de Lobogo célèbre les couleurs du pays. Les femmes en boubous, toute poitrine dehors ou bébés bien agrippés dans le dos, se pressent au salon de coiffure en plein air comme autour des volailles qu'elles sélectionnent vivantes pour leurs prochains repas. Certains dorment au détour d'une allée alors que d'autres se trémoussent sur les rythmes africains. On suce une canne à sucre, on trinque au sodabi, l'alcool de palme local, implacable. L'ambiance traditionnelle de l'Afrique transpire en ce lieu. Authentique.

Marché de Lobogo, Bénin - Julien GERARD, photographe

Marché de Lobogo, Bénin - Julien GERARD, photographe

Les pêcheurs de Possotomé


L'hôtel de Théo avec sa terrasse sur pilotis offre un point de vue incomparable sur les pêcheurs en plein travail. Ils jettent leur filet avec une aisance déconcertante sans se douter du tableau de valeur qu'ils offrent aux rares photographes de passage. A la tombée de la nuit, nous dégustons le produit de leur pêche tandis que notre esprit s'évade pour les rejoindre sur leur pirogue, quelque part au milieu du lac Ahémé.

Pêcheurs sur le lac Ahémé, Bénin - Julien GERARD, photographe

Hotel restaurant "Chez Théo"

La version Strass & Ballerines du voyage ici.

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