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Les coulisses d’une photographie : Djamal

Mars 2019, pour répondre à une commande de mon client préféré je pars pour Dubaï, cette fois-ci je ne suis pas seul, Peggy est avec moi.
Après quelques jours de photographies corporates nous avons enfin un peu de temps pour arpenter la ville. Pour moi ce n’est pas une première mais pour Peggy c’est une découverte.

Dubaï, ville de la démesure, est connue pour ses buildings et notamment Burj Khalifa, la plus haute tour du Monde. Pour ma part, en tant que photographe accroc aux portraits ce qui m’intéresse dans cette ville c’est le côté cosmopolite, toutes les nationalités se retrouvent à Dubaï.

C’est ainsi qu’au détour d’une ruelle du souk de But Dubaï nous tombons sur Djamal, vendeur dans une boutique de pashminas et autres vêtements du Moyen Orient et de l’Asie centrale. Djamal est afghan, il vit avec son frère depuis quelques années dans cette ville. Immédiatement je remarque un trait marquant sur le visage de Djamal, ses yeux sont verts, un vert perçant qui tranche avec ses cheveux noirs et son teint mat. Il me fait immédiatement penser à la série de portraits de Steeve Mc Curry « Eloquence of the eye » ou à sa célèbre photo de Sharbat Gula, l’afghane aux yeux verts.

Nous sympathisons et je fais rapidement un portrait.

Je ne suis pas satisfait… La lumière est dure, les yeux ne ressortent pas autant que je le souhaite…

Après un thé Afghan (thé vert, lait, sucre et cardamome) généreusement offert et quelques discussions sur l’Afghanistan, la France et le Bénin, Peggy et moi repartons. Nous faisons 100 ou 200m dans le souk. C’est une reconstitution d’un souk traditionnel assez bien fait, le toit est composé de bois qui laisse passer quelques rayons de soleil à certains endroits. J’en repère un immédiatement, assez gros pour y placer Djamal que nous nous empressons de chercher dans sa boutique. Il ne comprend pas grand chose à ce que nous lui expliquons mais il nous suit !

Photos : Peggy SANVEE

S’en suit une séance de portraits des plus hilarantes. Dans le souk, tout le monde se connaît. Djamal prend la pose tel un mannequin sur un podium, ses amis autour sont morts de rire ! J’arrive à lui faire reprendre son sérieux et j’effectue enfin le portrait que je voulais. Ce n’est pas simple, le rayon de soleil n’est vraiment pas large. Au moment même ou je déclenche je sais que je tiens LA photo, celle que l’on ne fait pas souvent mais qui a elle seule « rentabilise » un voyage, celle qui fait qu’on se lève le matin pour travailler et vivre de cette passion dévorante qu’est la photographie. C’est aussi un lien entre Peggy, Djamal et moi. Ce moment restera gravé dans nos esprits, il est à nous, un peu à vous aussi maintenant avec ce récit dans cet article. J’ai rencontré beaucoup de monde dans de nombreux pays grâce à mon métier mais les personnes que j’ai photographiées en dehors des commandes, ont une place particulière…

Merci Djamal.

La suite ? Retourner à Dubaï et offrir un beau tirage de cette photo à Djamal, sans doute en 2020 si mon client m’y envoi à nouveau…

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