Agapit
C'était en janvier, à Ouidah, pendant les fêtes vaudoues. Je photographiais les cérémonies avec Yannick, ami et confrère. Le soir tombait, la lumière était déjà partie, quand il m'a appelé : il avait repéré un petit garçon dans la foule, venu assister aux cérémonies avec son père.
Il n'y avait plus rien à tenter ce soir-là. Faire un portrait dans cette lumière n'avait aucun sens, et nous n'allions pas les retenir pour ça. Nous sommes allés vers le père, nous nous sommes présentés, et nous avons pris son numéro pour nous revoir.
Il ne s'est pas contenté de nous le donner. Il nous a invités chez lui. Nous avons passé la soirée à parler, et il nous a raconté la naissance d'Agapit et celle de son frère. Il élève ses deux fils seul, avec l'aide de ses parents. Agapit est sourd.
Depuis, j'y suis retourné plusieurs fois. Chaque fois que je passe à Ouidah, je vais le voir — souvent sans sortir l'appareil.