A propos

À propos

Je partage des histoires avec des photographies, des livres et des podcasts.

Né en 1980 à Strasbourg.

L'école et moi, ça n'a jamais marché. Une seconde en génie mécanique que je déteste et que je redouble, un BEP bois dont je sors major de promotion, un bac professionnel commencé en septembre et abandonné en décembre. J'ai presque vingt ans et une seule envie : gagner ma vie.

Je suis sapeur-pompier volontaire depuis mes seize ans. Le 24 janvier 2000, je pars pour le bataillon de marins-pompiers de Marseille, où je reste deux ans. Strasbourg et les miens me manquent ; je rentre. Je réussis le concours de sapeur-pompier professionnel et je n'y vais pas — l'envie n'y est plus. Je deviens ambulancier : six mois au Samu de Strasbourg, le reste dans l'urgence privée, où je suis les yeux et les mains du médecin régulateur. Ce qui me tient, c'est le contact avec les patients, et les fois où je décide seul en attendant que le médecin arrive.

Et puis je fatigue. Les gens malades, les horaires. Nous prévoyons avec mon patron que je parte en formation pour enseigner les premiers secours en entreprise. La formation est annulée. Je démissionne, sans savoir ce que je vais faire.

Je photographie depuis l'âge de douze ans. C'est mon oncle qui m'a mis un appareil dans les mains : il était en école d'architecture, il photographiait beaucoup pour ses études, et nous développions dans la salle de bains de mes grands-parents. J'ai pratiqué par intermittence — l'argentique coûte cher. Avec ma première solde à Marseille, je m'achète un reflex et des objectifs, et je photographie les feux de forêt en Corse. Il ne reste presque rien de ces années-là. J'arrête, puis je m'y remets en 2006, quand les reflex numériques deviennent abordables.

Un soir de novembre, quelques semaines après ma démission, je photographie la clôture d'un séminaire pour un fabricant de machines à commande numérique dont le siège est à Strasbourg. Ses commerciaux vivent aux quatre coins du monde, et je passe la fin de la nuit à les écouter. Je rentre à quatre heures du matin.

On avait cherché à me joindre pendant la soirée. Fred, qui dirige Edilyfe et édite les plaquettes des lycées français de l'étranger, cherchait un second photographe ; on lui avait parlé de moi. Le photographe en poste devait m'évaluer. Je monte un book, je fais tirer mes meilleures images, ça me coûte une fortune. Il le regarde et me dit que ce n'est pas ce qu'il veut voir : il veut un reportage entier. Je n'en ai pas — sauf les photos de la soirée de la semaine précédente, encore sur mon ordinateur et pas encore triées. Il les regarde, et il me valide.

Février 2008, Dakar. Deux lycées : il en fait un, je fais l'autre. Je pars ensuite seul pour Accra et Ouagadougou, puis pour Varsovie. En mars 2009, il se brouille avec Fred, qui me demande si je peux reprendre tous les lycées. Je dis oui.

La photographie ne me fait pas vivre pour autant. La première année, entre deux voyages, je fais de l'intérim et je reprends des gardes en ambulance. Un dimanche, j'achète du poisson avec un ami sur la plage de Soumbédioune, à Dakar ; le lundi matin, je suis dans une ambulance à Strasbourg.

Ces voyages étaient des commandes, et je n'en montre pas les images ici. Ils ont surtout été autre chose : le prétexte et le moyen d'aller voir les gens qui vivent là.

Je suis à Lomé quand Fred m'appelle pour Cotonou, à cent cinquante kilomètres. Le dimanche, je passe la frontière en taxi. Je travaille cinq jours au lycée, logé en face, et je ne vois rien du Bénin : deux cents mètres séparent l'hôtel de l'établissement, et je passe mes soirées à trier les images des semaines précédentes. Le samedi, je demande à la réception ce que je peux faire de mon week-end. On me répond que les routes ne me laisseront pas aller loin, et on me suggère Ganvié — un village bâti sur pilotis, où trente mille personnes vivent sur l'eau.

À l'embarcadère, il n'y a pas encore de ponton ; les pirogues accostent sur la rive. Des femmes y vendent et y échangent. Je fais une photo, une de celles dont on sait en appuyant qu'elle est la bonne. C'est ma première image du Bénin, et elle ouvrira le livre Bénin Tché.

Je suis revenu chaque année. Les fêtes vodoun de janvier. Une semaine à Ganvié en 2011, pour cesser d'être celui qui repart à la tombée de la nuit.

Le 1er décembre 2012, je pars faire le tour du pays à moto — une Sanya chinoise de 125, achetée cinq cents euros à Cotonou et revendue trois semaines plus tard, avant de rentrer. Aucun itinéraire arrêté : le lac Ahémé, Dassa, Natitingou et les tatas sombas, une mine d'or clandestine où il faut courir quand quelqu'un crie, deux cents kilomètres de sable jusqu'à Kandi, une chute à l'arrêt qui m'a laissé un sélecteur tordu et le mollet ouvert. L'année avait été rude, professionnellement et personnellement. Les longues heures seul sur la moto ont fait le travail.

Un mois dans le nord en 2015, pour photographier les scarifications — c'est de là que vient la couverture de Bénin Tché. Entre 2013 et 2017, je partage mon temps entre l'Afrique et l'Asie : les porteurs de soufre du Kawah Ijen, les Philippines, Bangkok, Bali.

En 2017, je m'installe au Bénin pour deux ans. C'est paradoxalement la période où je fais le moins de photographies pour moi : je travaille pour des clients, et je survole le pays au drone — à ma connaissance le premier du Bénin. Personne n'avait encore vu à quoi ressemble ce pays d'en haut : Yann Arthus-Bertrand lui-même n'y avait jamais volé, il l'écrit dans la préface qu'il a signée pour Les 100 plus belles photos du Bénin. C'est de ces vols qu'est né SOUFFLE, le Bénin vu du ciel.

Un jour, dans un TGV en France, je reçois un appel de José Pliya, qui dirigeait alors l'agence béninoise des patrimoines et du tourisme. Le président devait s'adresser au pays le soir même et voulait illustrer son allocution avec mes vues aériennes. J'ai envoyé les fichiers dans l'heure. La télévision n'a pas eu le temps de les monter.

Ces deux années-là, je construis surtout autre chose — un réseau, et des amitiés qui durent encore.

En 2018, pendant un séjour en France pour voir mon fils, je rencontre Peggy à Nice. Elle est franco-togolaise : le Togo est le pays voisin, et c'est le hasard. Elle me rejoint peu après au Bénin, m'aide sur mon livre, puis à monter les Editions Miwa.

Nous rentrons en France en 2019 et nous nous installons à Nice, près de mon fils aîné. Nous y vivons toujours, et nous avons eu un second garçon.

Depuis, je retourne au Bénin deux à quatre fois par an, pour mes projets et pour mes clients. En 2019 et 2020, j'ai travaillé pour l'IFAW, qui montait une école de maîtres-chiens spécialisés dans la détection du trafic d'espèces protégées.

Strasbourg reste ma ville. Le hasard veut qu'on y trouve le Château Vodou, un musée privé consacré aux cultes vodoun d'Afrique de l'Ouest. J'y ai exposé et donné une conférence.

Editions Miwa

Editions Miwa est ma maison d'édition. Elle publie mes livres, et ceux d'autres photographes.

Passer de ce côté-là change le regard. Choisir les images de quelqu'un d'autre, discuter un ordre, écarter une photo à laquelle il tient — c'est le meilleur apprentissage que je connaisse pour trancher ensuite dans les siennes.

Audio Pictura

Audio Pictura est le nom sous lequel je produis des podcasts, seul ou avec Jean-Raphaël Drahi.

Ça peut sembler loin de la photographie. Ça ne l'est pas : dans les deux cas, je passe mon temps à faire dire à quelqu'un ce que son visage ne raconte pas tout seul.

Gueules Cassées en est l'exemple le plus net. C'est un podcast vidéo que nous produisons ensemble depuis 2026 pour l'Union des Blessés de la Face et de la Tête — l'UBFT, fondée en 1921 par trois soldats revenus de la Grande Guerre avec le visage détruit, qui s'étaient donné ce nom et cette devise : Sourire quand même. Elle accueille désormais des militaires blessés en opération, des policiers, des gendarmes et des pompiers blessés en service, des victimes civiles d'attentats.

Ils témoignent face caméra, sur fond noir. De la blessure, et de ce qui vient après : les opérations, le regard des autres, la reconstruction. Il n'y a rien d'autre dans le cadre que leur visage et ce qu'ils en disent.

C'est exactement le principe de ce site, appliqué à des gens dont le visage est le sujet.

Les autres productions sont réunies sur audiopictura.com.

Photo Storia

Certains podcasts sont les miens. Photo Storia en fait partie : des conversations sur la photographie, ceux qui la font et ce qu'elle raconte. Ceux-là ne répondent à aucune commande. Ils avancent au rythme des rencontres, comme le reste.

Bénin Tché

Depuis quinze ans, je photographie le Bénin. Ce qui a commencé par des voyages est devenu un projet à part entière : Bénin Tché réunira un livre, un podcast et un film documentaire.

Vingt-quatre témoignages sont enregistrés. Leur diffusion commence en octobre 2026, avant le livre.

C'est le projet où tout ce que je fais séparément — photographier, éditer, enregistrer — se retrouve dans le même objet.

Expositions, conférences, etc.

2023 – Prieuré de Grammont, Département de la Vendée – Exposition de photographies du Bénin – Vendée, France

2022 – Visa pour l’image – Coup de coeur de l’ANI pour la série « Le Bénin, entre traditions et développement, vu du ciel » – Perpignan, France

2022 – Exposition de photographies sur le thème du Vodou – Festival No Mad – Cergy-Pontoise, France

2022 – FotoZA Gallery – Johannesburg, Afrique du Sud

2022 – Festival Voyage Responsable Porto Novo Bénin – Exposition « Le Bénin vu du ciel »

2021 / 2022 – Château Vodou – Participation à l’exposition temporaire : « Pirogues – Todjivu » – Strasbourg, France

2021 – Livres ouverts sur la photographie – Présentation du livre « SOUFFLE, le Bénin vu du ciel » – Aix-en-Provence, France

2021 – Festival Voyages entre imaginaires et réalité – Conférence – Maxéville, France

2021 – Livre #1 Collectif DR

2021 – Wa Bénin – Exposition sur le parvis du cinéma MK2 Bibliothèque François Mitterrand – Paris, France

2021 – Lycée Français d’Accra – Exposition sur les scarifications faciales au Bénin – Accra, Ghana

2020 – Galerie Photon – Exposition Collective avec le Collectif DR – Toulouse, France

2020 – Wa Bénin – Exposition sur le parvis du cinéma MK2 Bibliothèque François Mitterrand – Paris, France

2020 – Livre « SOUFFLE, le Bénin vu du ciel »

2019 – Luxuary Guest Housse Maison Rouge – Exposition « Le Bénin, vu du ciel » – Cotonou, Bénin

2019 – Photo festival de Bellême – Bellême, France

2019 – Africa Photo Festival de New York – New York, États Unis