Yahya
Nous étions partis au Maroc sans rien réserver : une voiture de location, un hôtel le premier soir, un autre le dernier, et rien entre les deux. Après Essaouira et Marrakech, nous avons descendu la vallée du Drâa jusqu'à M'Hamid El Ghizlane, là où la route goudronnée s'arrête et où le désert commence.
Les agences du village vendaient toutes la même chose — une nuit sous une tente, au milieu des dunes — à des prix qui nous ont fait reculer. Alors nous sommes partis seuls, dans notre vieille Dacia Logan, sur une piste qui avait l'air praticable, et nous avons dormi dans le premier campement trouvé. C'était encore du désert de pierre, mais c'était beau, et c'était à notre portée.
Le soir, nous avons cherché sur internet et fini par tomber sur un camp qui nous ressemblait : pas de chichi, pas de bling-bling. Des chambres en terre, des tapis, des piles de couvertures. Le 4x4 et les repas compris.
Le lendemain matin, le rendez-vous n'était pas un parking mais une maison. Celle de Yahya, notre hôte, un Berbère du coin en tenue traditionnelle. Sa maison est un havre au milieu de cette petite ville poussiéreuse. Nous devions y passer un quart d'heure, le temps qu'on charge les sacs ; nous y avons passé la matinée à boire le thé qu'il servait à la manière traditionnelle, d'un geste que je n'ai pas su refaire depuis.
Nous avons dormi deux nuits dans le désert avec lui. Nous y sommes retournés quelques mois plus tard avec notre fils. Nous avons maintenant hâte d'y emmener le second.
Une autre rencontre dans la vallée du Drâa : Hafida, octobre 2014.