Julien GERARD
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Rencontres

Les Peuls

Bénin, Kouandé, octobre 2015
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Une jeune femme peule parée : bandeau de perles, longs pendants sur les joues, colliers d'ambre, points blancs autour des yeux et de la bouche

Penda

J'étais dans le nord du Bénin pour photographier des visages scarifiés. Un matin, je suis passé par le marché de Kouandé.

Elle était peule, habillée avec soin et maquillée.

Nous avons parlé un moment, et elle m'a laissé faire son portrait. Puis elle nous a expliqué pourquoi les jeunes filles peules mettent leurs plus beaux vêtements pour venir au marché : c'est là qu'elles peuvent trouver un mari.

Lounta a complété. Les Peuls sont nomades, les familles se croisent peu, et ces jours de marché comptent : c'est ce qui permet aux mariages de ne pas se faire entre proches.

Avant de repartir, elle nous a invités au mariage peul du lendemain.

Une jeune femme peule parée : bandeau de perles, longs pendants sur les joues, colliers d'ambre, points blancs autour des yeux et de la bouche
Bénin, Kouandé, octobre 2015 — Penda, un jour de marché.

Les Peuls, éleveurs du nord du Bénin

Les Peuls — Fulbé dans leur langue — sont présents dans le nord du Bénin depuis plus d'un siècle. Ils y sont entrés par trois routes : le Niger, l'actuel Burkina Faso et le nord du Nigeria, à la recherche de terrains de pâture. Contrairement à d'autres peuples pasteurs, ils n'ont jamais dominé les agriculteurs de la région : ils ont vécu sous l'autorité des rois bariba, puis sous celle des Français.

Leur année suit les pluies. Pendant les mois les plus secs, les troupeaux parcourent de longues distances à la recherche d'herbe et d'eau, et reviennent au début de la saison des pluies, d'avril à octobre. Les familles ne se déplacent pas toutes : elles tiennent des campements relativement stables où quelques membres restent en permanence avec une partie du bétail, et où l'on cultive du mil et des vivres pendant la saison humide.

Les sécheresses du début des années 1970 ont mis sur les routes du nord du Bénin des Peuls venus du Niger, du Burkina Faso et du Nigeria.

Jusqu'aux années 1960, éleveurs et agriculteurs vivaient d'un échange : en début de saison sèche, les troupeaux pâturaient les champs de chaume, et les cultivateurs récupéraient le fumier. À partir des années 1980, l'extension des surfaces cultivées et la surveillance des aires protégées ont réduit l'accès aux pâturages et aux points d'eau. Les conflits se sont multipliés.

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