Julien GERARD
Photographies, livres & podcasts
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Rencontres

Les Bètammaribè

Bénin, Atacora, octobre 2015
Scrollez vers le bas
Homme torse nu tenant son arc, coiffé d'une toque de vannerie ornée de crin blanc et de cauris, des flèches dans le dos, devant un mur de terre

Les Bètammaribè

En octobre 2015, j'ai passé un mois dans le nord du Bénin à chercher des visages scarifiés. Je voulais photographier ceux qui portent encore les marques anciennes, dans les endroits où l'on va le moins.

Je me déplaçais avec un flash de studio et son générateur. C'est lourd et ça n'a rien à faire sur ces pistes, mais c'est la seule lumière qui fasse ressortir le relief d'une scarification. Le reste vient du jour, et là-bas le jour se lève tôt — nous aussi.

Je m'attendais à autre chose. Partout où je suis allé, les gens s'habillaient comme moi.

Quelques jours avant la fin, nous sommes arrivés chez une famille, dans un des endroits les plus reculés du pays. Kounta a expliqué ce que nous venions faire, ils ont accepté, et nous nous sommes assis. On nous a servi un verre de tchoukoutou, la bière du nord. C'est ce qui se fait avant tout le reste.

Le père était chasseur. Il est allé chercher sa tenue traditionnelle, il l'a mise, et il a pris la pose. Nous y avons passé un bon moment.

Un autre jour, pendant que je photographiais, un homme est arrivé. Il avait fait une longue route, et son visage portait des scarifications magnifiques. Il nous a demandé : « C'est vous qui enlevez les scarifications ? »

Le bouche-à-oreille avait fonctionné. Pas le message.

Homme torse nu tenant son arc, coiffé d'une toque de vannerie ornée de crin blanc et de cauris, des flèches dans le dos, devant un mur de terre
Bénin, Boukoumbé, octobre 2015.

Les scarifications Bètammaribè

Les Otammari — Bètammaribè au pluriel, Batammariba au Togo — vivent dans les monts de l'Atacora, au nord-ouest du Bénin et de l'autre côté de la frontière togolaise.

Les premières scarifications sont faites vers deux ou trois ans, sans anesthésie. Une seconde série intervient entre sept et douze ans ; chez les filles, d'autres marques sont ajoutées vers quinze ans et signalent l'âge du mariage. Ceux qui les font, hommes ou femmes, s'appellent les Bèdouabè. C'est un métier qui se transmet de génération en génération, et qui se pratique avec une lame de fer, le tèpôntè.

Les motifs couvrent la totalité du visage. Ils désignent le clan et l'ethnie, et valent protection contre les esprits.

Ils ne se limitaient pas au visage : le ventre, la poitrine, le dos et les épaules étaient marqués aussi. La diffusion du vêtement occidental à partir des années 1960 les a fait reculer jusqu'au visage seul.

La pratique décline. Les jeunes qui partent vivre en ville ne se font plus scarifier.

Le tchoukoutou, la bière traditionnelle du nord du Bénin, est brassée à base de sorgho et servie à la calebasse. On l'offre aux hôtes, et elle accompagne les cérémonies et les offrandes aux ancêtres.

Jeune fille en robe imprimée bleu-vert, debout contre un mur de terre, le regard tourné sur le côté
Bénin, Atacora, octobre 2015.
Un homme à l'arrière-plan, flou, coiffé d'un bonnet et portant des bracelets, tenant un long bâton net au premier plan
Une femme en haut noir, un collier de perles au cou, tenant contre elle un jeune enfant qui pose la main sur sa poitrine
Garçon torse nu de trois quarts, des scarifications sur la joue, un collier de perles bleues au cou, devant un mur de terre strié
Jeune femme de face, de fines lignes scarifiées sur les joues et les tempes, vêtue d'un haut imprimé rouge et bleu
Cadrage très rapproché sur le visage d'un enfant qui baisse les yeux, la lumière venant de la gauche
Garçon torse nu debout dans l'embrasure d'une porte, les bras écartés en appui sur les murs de terre
Une dizaine d'enfants serrés les uns contre les autres devant un mur de terre, un champ de maïs derrière eux
Jeune femme en haut rouge, de fines scarifications sur les joues, une croix en pendentif, devant un fond sombre
Un enfant souriant au premier plan, de légères marques sur la tempe, un plus jeune derrière lui, tous deux devant un mur ocre
Visage d'un homme vu de trois quarts, les joues et les tempes couvertes de fines lignes scarifiées, sur fond noir
Bénin, Atacora, octobre 2015.
Vue aérienne : un hameau de cases rondes coiffées de chaume, posé au milieu d'une végétation verte et d'arbres épars.
Bénin, octobre 2018.
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